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Dans une tribune publiée au Monde le 1er octobre 2026, Virginie Rozière défend la création d’une « communauté européenne du code et des algorithmes », qu’elle surnomme une « CECA du numérique ». C’est une proposition politique, pas une institution ni un programme adopté par l’Union européenne. Son objectif : mettre en commun des ressources numériques critiques afin de réduire les dépendances et de défendre un modèle encadré par l’État de droit et le contrôle démocratique.

Ce que recouvre la « CECA du numérique »

Le nom fait référence à la Communauté européenne du charbon et de l’acier, créée en 1951. Rozière transpose cette idée de coopération à des ressources numériques qu’elle juge trop fondamentales pour dépendre de fournisseurs extérieurs et trop coûteuses à développer isolément. Elle cite notamment le code, les données et les algorithmes.

La tribune ne décrit toutefois ni un projet de traité, ni un budget, une gouvernance ou un calendrier. L’analogie historique exprime une ambition de mise en commun; elle ne précise pas à quoi ressemblerait concrètement une nouvelle institution.

Le modèle européen que l’autrice veut défendre

Rozière oppose, dans son cadrage politique, le « libertarianisme technologique américain » au « techno-autoritarisme chinois » et appelle à une troisième voie européenne, humaniste, soumise à l’État de droit et au contrôle démocratique. Cette opposition expose son argument politique : elle ne constitue pas une analyse détaillée ou un classement mesuré des modèles des trois régions.

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Sa grille de lecture porte sur les principes de gouvernance, la dépendance à des ressources critiques, le contrôle du code, des données et des algorithmes, et la capacité des pays européens à construire ensemble des solutions plus résilientes.

Les quatre piliers de la proposition

Régulation

Rozière préconise de faire appliquer les règles européennes qu’elle nomme : le RGPD, le Digital Services Act (DSA), le Digital Markets Act (DMA) et l’AI Act. Elle appelle aussi à rendre les algorithmes transparents et à encadrer les usages à haut risque. La tribune ne propose pas d’évaluation juridique de l’application de ces textes.

Éducation

L’objectif serait de donner aux personnes les moyens d’agir comme des citoyens dans l’environnement numérique, plutôt que de les cantonner au rôle d’utilisateurs.

Information

L’autrice propose un service public européen indépendant, pluraliste et transparent, chargé de vérifier les faits et de fournir un socle commun d’informations fiables. Il s’agit d’une proposition de la tribune, et non d’un service déjà créé.

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Considération démocratique

Pour Rozière, une régulation forte doit être légitime parce qu’elle sert l’intérêt général et répond aux aspirations des populations. Elle associe cette légitimité au renforcement de la résilience des citoyens dans un cyberespace qu’elle décrit comme puissant et difficile à maîtriser.

Ce que disent les chiffres cités

Les chiffres de la tribune et des études citées n’ont pas tous le même périmètre. Ils éclairent des aspects différents de la dépendance et des priorités d’achat; ils ne prouvent pas à eux seuls qu’une institution européenne particulière serait nécessaire ou efficace.

Chiffre Ce qu’il mesure et ses limites
86 % Selon le communiqué 2026 de Capgemini Research Institute, cette part des 866 organisations étudiées présente une exposition significative à des chaînes d’approvisionnement étrangères ou contrôlées de l’extérieur. L’indice porte sur des organisations aux États-Unis, en Europe et en Asie-Pacifique, évaluées selon cinq dimensions de souveraineté; ce n’est pas une estimation de la part de toutes les organisations mondiales dépendant fortement de toute technologie étrangère. Source : Capgemini Research Institute, 2026.
11 % Part des chefs d’entreprise qui citent la souveraineté comme critère important pour choisir une solution numérique utilisant l’IA, selon l’étude OpinionWay pour Sia Partners signalée comme datant de septembre 2026. Source : OpinionWay pour Sia Partners, 2026.
57 % Part des dirigeants français qui, selon la tribune de Rozière, ne voient pas de risque important à dépendre de fournisseurs non européens. La page de résultats d’OpinionWay retrouvée confirme le sondage et le résultat de 11 %, mais pas celui de 57 %; ce dernier doit donc rester attribué à la tribune, et non être présenté comme vérifié indépendamment. Source du chiffre : Virginie Rozière, tribune au Monde, 1er octobre 2026.

Rozière affirme également que plus de 80 % des technologies numériques européennes sont importées. La tribune ne fournit pas de calcul ni de périmètre permettant de vérifier ce chiffre; il convient donc de le traiter comme une affirmation de l’autrice, et non comme une mesure indépendante établie.

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Qui porte la proposition ?

Virginie Rozière est présentée dans la tribune comme ingénieure générale de l’armement au ministère des Armées et ancienne députée européenne (2014–2019). Son texte est une prise de position signée, pas une annonce officielle du gouvernement français ou de l’Union européenne.

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La biographie de la tribune mentionne aussi son livre De la démocratie en numérique, publié chez Le Bord de l’eau – Fondation Jean-Jaurès et donné pour 120 pages. La tribune ne fournit pas de lien d’achat.

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