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La nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri à la tête du gouvernement marocain marque une première historique, mais elle ne signifie pas que les femmes ont accès à égalité aux postes de pouvoir. Selon les résultats postélectoraux rapportés par Le Monde, les femmes détiennent 107 des 395 sièges de la nouvelle Chambre des représentants (27 %), et 90 de ces élues sont issues de listes régionales réservées aux femmes.

Une première historique, mais pas encore la parité

Le Monde rapporte que Fatima Ezzahra El Mansouri a été nommée cheffe du gouvernement le 29 septembre 2026, après la victoire du PAM aux élections législatives du 23 septembre. Le journal présente cette nomination comme une première pour le Maroc. Aucun communiqué primaire confirmant cette nomination n’est établi par les sources disponibles ici; le fait doit donc être attribué au reportage.

La distinction essentielle est entre accéder au sommet de l’exécutif et transformer la représentation politique dans son ensemble. La nomination est un événement symbolique majeur. À elle seule, elle ne démontre ni que les femmes occupent autant de sièges que les hommes, ni qu’elles disposent d’un accès égal aux responsabilités dans les partis et les institutions.

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Ce que les résultats de 2026 disent de la Chambre

Dans son compte rendu publié le 2 octobre 2026, Le Monde indique que les femmes occupent 107 des 395 sièges de la nouvelle Chambre, soit 27 %. Selon le même article, 90 de ces 107 sièges ont été remportés sur des listes régionales réservées aux femmes. Parmi les 305 sièges attribués aux listes locales, 17 sont revenus à des femmes.

Indicateur Chiffre rapporté Source et période
Femmes à la Chambre des représentants 107 sur 395 (27 %) Le Monde, 2 octobre 2026; composition de la nouvelle Chambre rapportée par le journal
Élues issues des listes régionales réservées aux femmes 90 sur 107 femmes élues Le Monde, 2 octobre 2026; résultats postélectoraux rapportés par le journal
Femmes élues sur les listes locales 17 sur 305 sièges locaux Le Monde, 2 octobre 2026; résultats postélectoraux rapportés par le journal

La ventilation compte autant que le total : selon ces chiffres, la grande majorité des élues est arrivée par les listes réservées, tandis que les femmes restent peu nombreuses parmi les gagnants des listes locales. Cette répartition soulève la question de la place accordée aux candidates dans les circonscriptions et sur les listes où les sièges sont disputés. Elle ne suffit toutefois pas à prouver, à elle seule, pourquoi les écarts persistent.

Ces résultats de septembre 2026 sont rapportés par Le Monde; les bases institutionnelles citées ci-dessous présentent des données antérieures et ne confirment pas indépendamment la composition de cette nouvelle Chambre.

Pourquoi les chiffres des années précédentes sont différents

Les séries antérieures ne décrivent pas le même moment politique que les résultats de septembre 2026. Elles doivent être lues avec leur date et leur périmètre plutôt que mises côte à côte comme si elles étaient des comptes concurrents de la nouvelle Chambre.

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Source et date Mesure publiée Ce que le chiffre décrit
Union interparlementaire (IPU), législature 2021–2026 95 femmes parmi 395 membres dans son tableau de législature Composition documentée pour la législature 2021–2026; la fiche décrit également 60 sièges réservés aux femmes sous la loi organique 27-11 de 2011.
International IDEA, cycle électoral de 2021 96 femmes sur 395 (24 %) Donnée rattachée au cycle de 2021 dans la base sur les quotas de genre.
ONU Femmes, février 2024 24,3 % des sièges parlementaires détenus par des femmes Indicateur daté de février 2024 dans la fiche pays.
Le Monde, 2 octobre 2026 107 femmes sur 395 (27 %) Nouvelle composition après le scrutin de septembre 2026, telle que rapportée par le journal.

Les différences entre 95, 96 et 24,3 % peuvent tenir aux dates de mise à jour ou aux méthodes de comptage des bases. Elles ne contredisent pas automatiquement le chiffre postélectoral de 2026, qui concerne une autre période et est rapporté par un média plutôt que confirmé ici par une source officielle.

Le droit garantit la participation; la sélection des candidates reste déterminante

Le ministère marocain chargé de la solidarité, du développement social, de l’égalité et de la famille indique que les femmes ont le droit de participer aux élections dans les mêmes conditions que les hommes et sans discrimination. Sa présentation renvoie notamment aux articles 19 et 30 de la Constitution de 2011 ainsi qu’aux dispositions électorales. Elle décrit une Chambre de 395 membres et des mécanismes destinés à accroître la représentation des femmes.

L’IPU documente historiquement 60 sièges réservés aux femmes sur 395 en vertu de la loi organique 27-11 de 2011. Ce chiffre décrit la règle présentée dans sa fiche, pas le nombre de femmes élues après le scrutin de 2026. De son côté, le reportage de 2026 décrit les listes régionales réservées aux femmes et les listes locales dans le cadre électoral issu de la réforme de 2021. Ces mécanismes doivent être compris dans leur période et selon la source qui les décrit, plutôt que regroupés dans une règle intemporelle.

Une place réservée peut augmenter le nombre de femmes présentes dans l’assemblée, mais elle n’indique pas à elle seule leur influence sur les décisions ni leurs chances d’obtenir des sièges hors de ces listes. Le nombre de femmes en tête de liste, leur placement dans les circonscriptions gagnables et leur accès aux responsabilités internes des partis sont également des éléments à examiner.

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Ce que les observateurs avancent sur le plafond de verre

Dans le reportage du Monde, l’avocate et militante féministe Ghizlane Mamouni attribue une partie du problème aux partis, qui désigneraient trop peu de femmes comme têtes de liste locales, là où les candidats ont davantage de chances de gagner. Elle résume son analyse ainsi : « Ce ne sont pas les électeurs qui écartent les femmes. Ce sont les partis, qui en désignent très peu comme têtes de liste, alors que ce sont elles qui remportent effectivement des sièges. » Cette traduction du propos cité par le journal est une analyse attribuée à Mamouni, non une démonstration causale indépendante.

Le sociologue Mehdi Alioua, cité dans le même article, estime que le droit marocain a évolué sur la parité, mais que les mentalités n’ont pas suivi au même rythme. Il suggère aussi que la nomination pourrait envoyer un signal aux partis et aux milieux d’affaires. Ce sont des interprétations de personnes interrogées, pas une garantie que les pratiques ou les politiques publiques vont changer.

Le reportage évoque par ailleurs la réforme de la Moudawana, le code marocain de la famille. À la date de sa publication, en octobre 2026, il indiquait que la réforme, lancée en 2024, n’avait pas encore été adoptée; la tutelle légale des enfants et les règles de succession figuraient parmi les enjeux débattus. Ce statut étant susceptible d’évoluer, il ne doit pas être présenté comme une situation actuelle au-delà de cette date sans confirmation plus récente.

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Le contexte économique est éclairant, mais ne mesure pas l’accès à la politique

La fiche d’ONU Femmes rapporte, en citant des données du Haut-Commissariat au Plan reprises par la Banque mondiale, que les femmes représentaient 50,2 % de la population en 2020 mais 23 % de la population active, contre 27 % en 2010. Ce recul donne un élément de contexte sur les inégalités de participation économique; il ne prouve pas la cause du faible nombre de femmes élues.

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ONU Femmes signale aussi des lacunes dans les données ventilées par genre. Il faut donc éviter d’extrapoler une tendance générale sur l’ensemble des obstacles à partir d’indicateurs qui ne portent ni sur la même période ni sur le même phénomène.

Ce qui permettra de juger une évolution réelle

Pour savoir si la première à la tête du gouvernement annonce un changement plus large, il faudra observer des indicateurs distincts, plutôt que de s’en tenir au symbole de la nomination :

  • la part des femmes élues sur les listes locales, en plus de celles élues sur les listes réservées;
  • la proportion de femmes placées en tête de liste ou dans des positions réellement gagnables;
  • leur accès aux postes de direction dans les partis, au Parlement et au gouvernement;
  • les changements concrets dans les règles et les politiques publiques, au-delà des engagements formels.

La nomination d’El Mansouri constitue donc une avancée de représentation au sommet, tandis que les chiffres rapportés pour la Chambre et la place encore limitée des femmes sur les listes locales montrent pourquoi il reste nécessaire d’évaluer l’accès au pouvoir à plusieurs niveaux.

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